[Lettre d’opinion] Sommes-nous responsables de notre propre malheur ?

Rachel fournier/ Agente d’information environnementale chez VertCité

Avez-vous entendu parler de la maladie de lyme ? Si non traitée au début de l’infection, cette maladie provoque des troubles psychologiques. Le responsable est une bactérie nommée Borrelia burgdorferi et nous est transmis par la morsure de la tique du chevreuil. Elle est apparue en 2011 au Québec, les hivers plus doux y permettent la survie de la tique qui migre vers le nord (1).  Ainsi, la migration de cette maladie serait causée par le réchauffement climatique. Puisque celui-ci cause aussi le réchauffement des eaux , les bactéries y vivant se multiplie plus rapidement. Tel que le vibrio responsable du choléra, une maladie affectant le système digestif (2).  Si nous ajoutons, un nombre accru de catastrophes naturelles détruisant les infrastructures sanitaires, principalement dans les pays en développement,  nous avons toutes les conditions réunies pour une crise sanitaire (2)

Ensuite,  la fonte du pergélisol dans le Grand Nord russe en 2016 a libéré des spores d’anthrax aussi appelé maladie du charbon (3). Cette infection aiguë attaque aussi bien les troupeaux de rennes que ces bergers et est mortelle si la prise d’antibiotique n’est pas faite rapidement. En plus de menacer la vie des nomades , cette infection leur prive de leur source de nourriture, de vêtement et même d’habitation. Donc, les communautés autochtones nordiques seront fortement menacées par ce genre d’épidémie dont le risque ne fait qu’augmenter au fil des ans. 

De plus, l’étalement urbain engendre un rapprochement entre les populations humaines, la faune sauvage et leurs pathogènes (4). Si nous ajoutons à cette habitude notre goût pour les articles exotiques, nous obtenons les parfaites conditions pour l’apparition de zoonoses, ces maladies infectieuses transmises aux hommes accidentellement par les animaux (5). La destruction d’habitats naturels engendre une baisse marquée de la biodiversité favorise aussi la propagation de zoonose. Prenons exemple sur le virus du Nil qui nous est transmis par une espèce de moustique, le Culex (6). Ce moustique peut avoir une préférence pour une espèce de paruline en particulier, nommons-là : paruline des trottoirs. Si cette paruline vit dans un milieu où il y a 20 autres espèces de parulines, la paruline des trottoirs sera moins abondante dans son milieu, ainsi que le Culex portant le virus. Cependant , si la paruline des trottoirs vit dans un milieu ou 5 autres espèces de parulines y  vivent, il y aura beaucoup plus de parulines des trottoirs. Il y aura beaucoup plus de Culex, ce qui augmente les chances de se faire piquer et de contracter la maladie.

Ces exemples nommés ci-dessus ne sont que la pointe de l’iceberg , beaucoup d’autres maladies infectieuses bénéficient des impacts de la destruction de l’environnement pour proliférer. La pandémie de COVID-19 peut être reliée à la consommation de produits exotiques (5), mais la mondialisation et la priorisation de l’économie mondiale ont exacerbé sa propagation. Donc oui , nous sommes en partie responsables de notre malheur, il est toutefois possible d’apprendre de cette pandémie. Ces en temps de crise que les humains ont évolué et ont adopté de nouveaux comportements pour survivre. 

Le COVID-19 a mis la planète sur pause et démontre que la transition écologique est possible quand les gouvernements bougent. Les mesures pour contrer la pandémie ont permis aux eaux du canal de Venise de se clarifier (7), à la pollution atmosphérique de diminuer (8), de possiblement atteindre les cibles d’émission de GES du GIEC (9), de permettre aux dauphins de nager dans les ports et même d’entendre nos oiseaux chanter dans nos villes (6)

En espérant que nous sortirons de cette crise plus sage, que nous ayons appris que notre système économique nous mène vers de nouvelles crises sanitaires, mais que la transition est possible et réalisable ! 

Référence:

  1. Gouvernement du Québec, Maladie de Lyme (2019) , [En ligne], https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/maladie-de-lyme/
  2. Levade Ines, Le choléra: un fléau toujours d’actualité (2018), Agence Science-Presse [En ligne], https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/dire/2018/02/10/cholera-fleau-toujours-actualite
  3. Agence France-Presse , La fonte du pergilisol libère de l’anthrax (2016), Le Devoir, [En ligne], https://www.ledevoir.com/monde/476914/russie-la-fonte-du-pergelisol-libere-de-l-anthrax
  4. Forêt , Faune et Parc (Gouvernement du Québec) , VNO- Virus du nil occidentale (2019),  Focus sur la faune, [En ligne], https://mffp.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/virus-nil.jsp#surveillance
  5. Agence France-Presse , Cet animal pourrait avoir transmis le coronavirus aux humains, TVA Nouvelle, [En ligne], https://www.tvanouvelles.ca/2020/02/07/coronavirus-le-pangolin-chainon-manquant-de-lepidemie
  6. Tanguay Véronique, Les temps étranges nous ont trouvés (2020), Le devoir, [En ligne], https://www.ledevoir.com/opinion/idees/575736/les-temps-etranges-nous-ont-trouves?utm_medium=Social&utm_campaign=Autopost&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR113kbhf60iIFTbac-exTIFmH6-iSMBqwfUNYvOfNoli4-CFnbUmPUOdCo#Echobox=1585225099
  7. Agence QMI, Coronavirus: Faute de pollution, les eaux de Venise s’éclaircisse (2020)Journal de Montréal, [En ligne], https://www.journaldemontreal.com/2020/03/17/coronavirus-faute-de-pollution-les-eaux-de-venise-seclaircissent
  8. Agence QMI, Le coronavirus cause une chute importante de la pollution de l’air en Chine (2020) , TVA nouvelle, [En ligne], https://www.tvanouvelles.ca/2020/03/01/le-coronavirus-cause-une-chute-importante-de-la-pollution-de-lair-en-chine
  9. Gobeil Mathieu, COVID-19:  la crise aura-t-elle des effets durables sur les émissions de GES? (2020), Environnement:Radio-Canada, [En ligne], https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1678451/covid-coronavirus-impact-ges-emissions-gaz-effet-serre-rechauffement-economie

Leave a Reply

Your email address will not be published.